Parce qu’Orslane Paris n'est pas juste une marque de Qamis, nous avons lancé il y a peu une série d’articles sur la Hijra en Algérie d’un frère de France. Né justement dans le pays de son cœur, il est revenu presque 30 ans après son départ sur la terre de ses ancêtres, pour vivre pleinement sa religion, et retrouver ses racines, sa terre, son identité. Au cours de cette magnifique série de témoignages sur ce qu’il a vécu, il raconte plein de récits et d’anecdotes incroyables, des plus drôles aux plus émouvantes, à l’image d’un pays qui ne laisse jamais indifférent. Bienvenue dans la galaxie Dz.

Square-Eucalyptus, le bon plan

Le soir est tombé sur Alger, et je me rends comme à mon habitude vers le Square, ce petit coin d’Alger centre qui donne face à la mer, où se réunissent les taxis clandestins se rendant à Eucalyptus (commune située à l’Est d’Alger, à quelques minutes de l’aéroport). C’est une vraie organisation informelle qui s’est mise en place au Square, puisque nombre d’anciens habitants des quartiers populaires d’Alger centre ont été relogés dans des logements sociaux à Eucalyptus. Ayant gardés leurs emplois dans le secteur d’Alger centre, ces derniers se sont mis à faire du covoiturage entre le Square donc, et le « Foyer », le lieu de rencontre à Eucalyptus. Depuis mon arrivée sur Alger, je dors chez mon oncle à Cherarba (commune limitrophe d’Eucalyptus), et j’avoue que ce système de transport m’arrange au plus haut point puisque je travaille vers la Grande Poste, et qu’un trajet en transports en commun ressemblera à un calvaire quotidien. Ce soir-là, je n’attends même pas une seconde, puisque je trouve un taxi clandestin à qui il restait une seule place de libre. Je me renseigne sur la destination pour être sûr, et je monte.

Un Qamis, un taxi clandestin et une polémique

En rentrant, je salue les personnes qui étaient dans la voiture et prends place dans le dernier siège de libre, banquette arrière côté droit. J’entends alors le passager assis du côté gauche commencer à se plaindre en critiquant le chauffeur, en me visant indirectement :
- « Pourquoi as-tu arrêté la musique ? C’est parce que le frère est rentré ? ». Je viens de comprendre : juste avant de monter dans la voiture, ils étaient certainement en train d’écouter de la musique, et en me voyant avec ma barbe et mon qamis, le chauffeur a du avoir de la pudeur à mon égard, et a du couper la musique. Ce qui n’a évidemment pas plu à notre ami de la banquette arrière, qui ne cessa de provoquer le chauffeur durant de longues minutes, jusqu’à lui dire :
- « Comment ça, un seul individu va faire sa loi contre quatre autres ? »
Le chauffeur, poussé dans ses retranchements par ce passager quelque peu provocateur, chercha alors en moi du soutien, en me regardant dans le rétroviseur : « Et toi le frère, tu ne me soutiens pas ? ». je lâchais alors un timide : « Si, tu as raison ». J’étais nouveau en Algérie, et pour être sincère, le passager provocateur avait des attitudes de voyou, dans sa manière de parler et de se comporter. Je ne voulais pas poursuivre dans la polémique, même si une bonne nassiha (conseil religieux) aurait été certainement profitable. Kheir inchaa Allah. Le frère qui conduisait tint bon et l’affaire s’éteignit jusqu’à ce qu’une deuxième provocation démarra …

Affaire à suivre