Rappelez-vous, dans l’article précédent, nous vous parlions d’une petite mésaventure lors d’un trajet en taxi clandestin entre le Square et Eucalyptus, à Alger. Un passager un peu « gênant » tenta d’imposer au chauffeur de remettre la musique dans la voiture, après que ce dernier ait pris la décision d’arrêter la radio en me voyant monter dans sa voiture. Comme nous l’annoncions en fin d’article, la provocation de ce monsieur ne s’arrêta pas là. Les charmes de l’Algérie dans toute sa splendeur. Orslane, le spécialiste du Qamis de mariage (voir ici) vous en dévoile une partie.

Le théorème des gens de Jijel

Plus tard dans le trajet, alors que le chauffeur ait pu enfin calmer les ardeurs de notre « ami » passionné de musique (qu’Allah le guide et le réforme) en lui montrant certains de ses chanteurs préférés (la méthode n’était pas très appropriée avouns-le), une autre provocation éclata dans la voiture, à destination cette fois des gens de Jijel. Selon notre protagoniste, décidément bien chaud ce soir-là, les gens de Jijel sont des gens particulièrement radins et conservateurs (pour ne pas dire racistes). Pour lui, les gens de Jijel ont pour principal défaut de ne pas inviter les autres à manger avec eux, littéralement, « qu’il n’est pas possible de manger du pain avec eux ». Pour info, et à titre d’anecdote sympathique, les Jijeliens ont une longue tradition avec le pain, et ils ont depuis longtemps comme particularité d’être boulangers (voir à ce titre l’article consacré au sujet par le Huff Post Maghreb http://www.huffpostmaghreb.com/fawzi-sadallah/jijeliens-pain-kheireddine-barberousse_b_9224416.html).  Sur cette seconde provocation, je n’avais pas grand-chose à lui répondre, car c’est le genre de discussions inutiles qui n’ont d’égal que les débats stériles entre partisans du MCA (Mouloudia Club d’Alger) Vs supporters de l’USMA, sujet bien évidemment abordé sur le chemin.

Le deuxième volet du théorème

Concernant le second point, et le côté conservateur des Jijeliens, notre « ami » visait les gens de Jijel qui ne donnaient pas leurs filles en mariage à des gens extérieurs (qui n’étaient pas originaires de Jijel). Après réflexion, que ce soit dans ma famille ou chez des amis proches, j’ai rapidement trouvé les arguments pour le contrer dans ses allégations, mais encore une fois, cela n’en valait pas la peine. Certes, il faut reconnaître que certains ont un peu ce côté « enfermé » et chauvin, mais cela se retrouve chez d’autres populations et dans d’autres régions de l’Algérie. Peut-on en vouloir à un père de trouver pour sa fille quelqu’un qui est culturellement proche (sans pour autant tomber dans un excès de régionalisme, entendons-nous bien) ?

En y repensant, mais ça je ne lui aurais jamais dit, son accusation peut aussi être interprétée comme un compliment. Car, pourquoi met-il en avant la difficulté de se marier avec une Jijelienne si cette population était aussi détestable que cela ? A-t-il essayé d’en épouser une et cela a échoué ? Le mystère reste entier…