Nouvel épisode, nouveau récit. Depuis plusieurs semaines maintenant, votre spécialiste du Qamis Orslane Paris partage avec vous les premiers instants d’un frère Mouhajir sur sa terre natale, après avoir passé la majeure partie de sa vie en France. Cette fois-ci, cap à l’ouest et notamment chez la belle Tlemcen, à + de 500 km de la capitale. Attachez votre ceinture, rajustez votre siège et c’est parti.

Des kilomètres, des paysages et… encore des kilomètres

C’était la 1ère fois de ma vie que je me rendais à Tlemcen, cette ville au sujet de laquelle je ne connaissais pas grand-chose, si ce n’est qu’elle fut choisie il y a quelques années pour être la capitale de la culture islamique (en 2011). Je crus aussi comprendre que Tlemcen était une ville dans laquelle s’installèrent autrefois les Andalous partis d’Espagne, Allahou a3lam.

Pour être plus précis, nous devions nous rendre à Brea, une petite commune limitrophe à Tlemcen, suite à l’invitation de mon ami Abou Ibrahim. Nous avons donc pris la route le matin, afin de ne pas arriver trop tard. Nous avons pu apprécier le paysage de l’ouest algérien, qui différait quand même de l’est que nous connaissions, marqué en partie par les montagnes et reliefs de Kabylie. Plus de 500 km ont été parcourus, et nous arrivâmes courant de l’après-midi dans la petite commune. Lorsque le GPS nous indiqua notre arrivée, Abou Ibrahim est sorti pour nous montrer la maison. L’ambiance y était plutôt calme, avec une architecture, ou plutôt un plan d’urbanisme qui change beaucoup d’Alger. Ici, il est rare de trouver des maisons de plus de 2 étages. Le style était aussi plus modeste, plus familial. Nous nous installâmes ainsi tranquillement dans la maison de nos amis.

« Ce type de Qamis, je ne peux pas les supporter »

Lorsque nous avons pu nous retrouver ensemble avec Abou Ibrahim, nous avons pu discuter tous les deux un long moment. Nous balayâmes ainsi de nombreux sujets, et parmi lesquels les Qamis. Abou Ibrahim a certaines hantises qu’il a du mal à cacher. Par exemple, et ça je le savais pour en avoir déjà parlé avec lui, il a une sainte horreur des « koursy de talib el ‘ilm », ces sièges pliables que les frères aiment emmener avec eux à la mosquée lors d’un cours ou pour la khoutba du Joumou’a. Ce qui l’exaspère le plus, c’est que ces frères prennent beaucoup de place, et parfois mettent à l’étroit les autres fidèles à leurs côtés, lorsque la mosquée est pleine. C’est bête à dire, mais quand il me parle de ça, j’explose souvent de rire. Dans la même thématique et dans un ton similaire, il me fit part de ses goûts en matière de Qamis, en m’expliquant qu’il ne supportait pas (aussi) ces Qamis que l’on voit parfois sur Internet ou en boutique, avec des couleurs et des tissus un peu « osés ». Je lui avouais que je n’étais pas d’accord avec ce second point, puisque certains Qamis qu’il trouve un peu trop « exagérés », ne sont que des modèles un peu plus travaillés au niveau des finitions, notamment avec la personnalisation du Qamis. El hamdouliLLAH nous avons pu passer un bon moment ensemble, et puis le lendemain, nous reprîmes la route vers Alger, non sans avoir fait une petite halte à Oran, l’autre grande ville de l’ouest algérien.