Nous arrivons aujourd’hui à notre 10ème partie de notre série d’articles sur la Hijra, publiée en exclusivité chez le spécialiste du Qamis Orslane. Si nous avons souvent narré les (més)aventures d’Abou Abderrahmane (l’auteur des récits), nous avons malheureusement peu parlé des autres protagonistes, les autres Mouhajirouns. Puisque la Hijra est aussi une aventure de groupes, alors nous passons aujourd’hui la parole à d’autres frères, et parmi eux un que l’on apprécie beaucoup. J’ai nommé…Abou Salman.

L’histoire de l’Ethiopien en Qamis

C’est mon voisin qui me raconte le récit. Du temps qu’il était encore au Yémen, Abou Salman étudiait la langue arabe, et avait souhaité apprendre avec un étudiant d’origine éthiopienne, qui était connu pour avoir un très bon niveau, Allahoumma Baarik lahou. Ce frère était très pris, et malheureusement très peu de gens (voire pas du tout) pouvaient profiter de sa science. Il était aimé des autres, et mon ami avait remarqué une chose : ce frère portait très souvent le même Qamis. Il devait être très pauvre, au point de garder le même Qamis tout le temps. Mais en réalité il était un des plus riches en termes de science, et c’est là en vérité la vraie richesse. L’Ethiopie est effectivement un pays très pauvre, et est frappé parfois par des famines. Malgré cela, on s’aperçoit que les Musulmans là-bas restent attachés à leur religion.

Ce superbe Qamis qu’il portait

Malgré son peu de temps, ce frère Ethiopien ne manquait pas à ses obligations, et donnait le droit à ses frères. Ainsi me racontait mon voisin Abou Salman, le jour où ce dernier tomba malade, il vint le visiter, et prendre de ses nouvelles.

A ce moment-là, Abou Salman découvrit qu’il avait un nouveau Qamis qui lui plut beaucoup, au point de lui demander où il l’avait acheté.

La réponse du frère Ethiopien, résonne encore dans ma tête. Je pense que je n’oublierai jamais sa réponse. Après avoir voulu absolument savoir où il s’était procuré ce fameux Qamis, le frère Ethiopien lui répondit : « Je l’ai trouvé à la poubelle ». Tel est le mode de vie de ceux qui ont délaissé cette vie d’ici-bas pour l’au-delà, et qui espèrent la récompense éternelle aux dépends de celle éphémère. Puisse Allah ‘azza wa jal l’habiller des vêtements du Paradis. Amine. Ce genre d’anecdotes nous montre à quel point certains se sont consacrés corps et âme à la recherche de la science, délaissant toute cette dounia pour la vie de l’au-delà.