Dans cet article intitulé « Derrière le Qamis », nous avons voulu aborder un côté méconnu de la Hijra, que l’on voudrait ne jamais entendre, puisque tombant comme un cheveu sur la soupe. Le sujet est de la plus grande importance, et mérite d’être traité en profondeur, plutôt que de se le cacher et de feindre son inexistence. Ce sujet, c’est le malaise de nos adolescents Mouhajirouns en terre d’Algérie. Orslane Paris, spécialiste du Qamis de mariage (https://orslane-paris.com/qamis-mariage/) Qu’ALLAH les rende heureux.

D’abord juste une réflexion…

Je me questionnais, en effet, dans mon for intérieur, sur ces jeunes adolescents Mouhajirouns, situés entre les deux générations (entre les trentenaires et les jeunes enfants de ces derniers). Difficile dans ce type de situations de se faire une place, une identité, une nouvelle vie. Ils ont entre 13 et 20 ans, et représentent la génération des premiers Mouhajirouns, venus bien évidemment avec leurs parents. S la première phase d’arrivée et de découverte fut agréable, la deuxième mi-temps, elle, rappelle cette implacable vérité. Souvent moins nombreux, peut-être aussi avec des âges aussi qui divergent entre eux, ils sont ces jeunes dont je ne savais pas grand-chose, si ce n’est que leur place n’a pas été pensée à l’avance. Comme souvent, on prévoit tout pour nos femmes, nos petits enfants (écoles, mosquées, aires de jeux, parcs, etc…), mais rien ou presque pour ces teenagers qui ont tout quitté pour suivre leurs parents dans la Hijra. Et pourtant, c’était sans doute pour eux qu’il fallait faire le plus de sacrifices.

…puis la confirmation d’un frère (puis d’un 2ème)

Ce n’est qu’en discutant un matin, autour d’un petit déjeuner, avec un frère du quartier des Sarrazins, à Draria, que j’ai compris l’ampleur du problème. Cette fois, ça n’était plus des idées ou des réflexions, mais bien une situation réelle, qu’il fallait traiter en profondeur. Ce frère a des enfants de cet âge-là, et sait pertinemment de quoi il parle. Il m’expliquait que cette génération avait parfois du mal avec la vie en Algérie, et que l’on n’avait pas fait grand-chose pour leur rendre cette Hijra agréable. Au final, nous avons tous une responsabilité auprès de ces petits frères. J’ai compris que ces jeunes gardaient dans un coin de la tête l’envie de revenir en France, et l’annonce de mon voisin Abou Salman venait confirmer cette pensée. Il me disait que certains de ces jeunes avaient notamment pour projet de rentrer en France pour travailler et acheter une voiture. J’eus mal. Je sus à quel point ces jeunes n’étaient pas à l’aise dans leur peau ici, et je dus avouer notre égoïsme, nous, parents. Nous n’avons pas pris soin de nos petits frères, et comme le disait à juste titre, qu’est-ce que cela nous coûterait si, une fois chacun, l’un de nous les sortait pour faire des activités.

Rien, ou pas grand-chose, si ce n’est notre égoïsme.