Porter le Qamis, un peu à l'instar du Hijab ou du Jilbab chez les soeurs, n'est pas toujours chose aisée, en fonction de la personnalité et de l'environnement de chacun. Aussi, chez certains, cela relève du parcours du combattant quand d'autres le vivent avec beaucoup de facilité. Cet article vous racontera le témoignage d’un frère qui donne ses premières impressions et ressentis lorsqu'il a, pour la première fois, porté un qamis (à découvrir ici)... peut être que certains se reconnaîtront !

Les endives

J’ai grandi dans une famille qui croyait en Allah mais nous ne faisions rien d’autres comme acte d’adoration dans notre quotidien. Cependant, notre Créateur a fait qu’un jour, un membre de la famille revienne vers nous. Par la suite, nous avons renoué les liens avec notre histoire ainsi que notre foi : l’islam. A cette époque, j’avais 13 ans et pour moi à part le Ramadan je ne voyais pas trop la différence avec un musulman et un non musulman. J’avais des bouts d’information de mon ami Karim qui lui était issu d’une famille pratiquante, sur le fait que les musulmans ne fêtaient pas noël et ne mangeaient pas de porc. Du coup, je me rappel très bien avoir utilisé la fameuse excuse à la cantine lorsque l’on nous servait les endives au jambon « Je ne mange pas de porc, désolé » Tout content d’avoir réussi à esquiver cette corvée. Mais voilà l’islam s’arrêtait là. Puis un jour, ma mère m’annonce « Rachid, nous partons cet été en Algérie je vais te présenter à notre famille ». On peut dire vraiment que ce voyage, El hamdulillah a changé ma vie.

Mon voyage en Algérie

Quel grand choc lorsque je suis arrivé pour la première fois en Algérie. Nous qui étions seule sur Lyon. J’ai découvert plus qu’une famille, un village entier. Lors des diners, les femmes se mettent dans la cuisine et nous les hommes déjeunions dans le salon. Autant vous dire que je me sentais encore plus grand avec les « Rajil ». Puis, un soir, mon oncle me demanda de l’accompagner à la mosquée du quartier. Ce fut un choc émotionnel.

J’ai trouvé cela magnifique. Cette unicité dans la prière. Les hommes alignés pour adorer un seul Créateur. Je me suis mis à poser pleins de questions concernant l’Islam durant les semaines qui suivirent, notamment en ce qui concerne notre Prophète (salla LLAHOU 'aleyhi wa salam) et la Sunnah. Par la suite, j’ai décidé de me reconvertir et d’apprendre la sourate Fatiha. Tout fier, dans le salon, le soir, devant toute ma nouvelle famille que j’avais l’impression de connaitre depuis plusieurs années, je l’ai recitée. Le lendemain matin, m’attendais dans le salon, mon premier qamis. Il était à bandes, de couleurs blanc, gris clair et gris foncé. J’étais tellement ému que je l’ai enfilé directement et j’ai couru à la mosquée tout heureux de faire partie de cette Oumma et de suivre la Sunnah de notre Prophète (salla LLAHOU 'aleyhi wa salam). Je me rappelle avoir attendu 2h avant la prière de Dhor et j’ai pu coller pour la première fois mon pied à celui de mon frère.